Sierra Leone

La lutte contre Ebola en Sierra Leone : Memuna Mansaray à Mabella. Photo PNUD/Lesley Wright

La situation

Les premiers cas en Sierra Leone - à Kenema - ont été déclaré le 24 mai 2014. 

La Sierra Leone est l'un des pays les plus pauvres, au rang de 180e sur 187 pays, selon l’Indicateur du développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement. Avant l'apparition de l'épidémie d'Ebola, des décennies de déclin économique et de conflits armés ont eu des conséquences dramatiques sur le pays.

Le Président Koroma a déclaré l'état d'urgence le 31juillet 2014.

En juin 2015, l’incidence hebdomadaire moyenne du virus Ebola avait diminué et oscillait entre 8 et 15 cas confirmés.

La zone géographique de transmission active est restée la même depuis mai dans le pays, la principale zone de transmission est à présent la région située près de la côte ouest.  En Sierra Leone, 33 %, 54 % et 13 % des cas confirmés entre le 1er et le 28 juin ont été enregistrés respectivement dans les districts de Kambia et de Port Loko et le district urbain de la zone de l’Ouest (où se trouve la capitale, Freetown), aucun cas n’ayant été signalé dans les 11 autres districts.

La riposte

Avancées réalisées dans la lutte contre la transmission

Le 16 juin, la Sierra Leone a lancé l’opération « Northern Push », qui visait à déceler les cas d’Ebola, à maîtriser la propagation du virus et à éliminer l’épidémie dans les zones contaminées des districts de Kambia et de Port Loko par une vigilance accrue, la recherche active de sujets-contacts, voire leur mise en quarantaine, et l’application stricte des arrêtés en vigueur. Cette stratégie reposait sur l’intervention du public : il devait donner l’alerte en appelant un numéro d’urgence lorsque des personnes présentaient des symptômes de la maladie ou en décèdaient. Entre le 1er et le 28 juin, 1 611 cas de personnes présentant des symptômes semblables à ceux de l’Ebola ont été signalés et 6 606 enterrements de personnes qui en seraient décédées. Dans 99 % des cas, une suite a été donnée dans les 24 heures.

Il reste indispensable de rechercher les sujets-contacts afin de repérer les chaînes de transmission et d’isoler rapidement les sujets chez qui des symptômes apparaissent. En Sierra Leone, où la maladie touche trois districts, 1 489 sujets-contacts étaient suivis au 28 juin, dont 98 % quotidiennement, et on a dénombré, en moyenne, 23 sujets-contacts par cas confirmé. Sur les nouveaux cas confirmés signalés entre le 1er et le 28 juin, 73 % étaient des sujets-contacts connus.

Les capacités de traitement sont, à l’heure actuelle, largement supérieures aux besoins. En coordination avec les ministères de la santé et d’autres partenaires, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a donc continué de fermer les centres de traitement de l’Ebola qui n’étaient plus nécessaires, en prenant toutes les précautions voulues. Au 28 juin, on en comptait en Sierra Leone 10 centres de traitement permanents hautement qualifiés, implantés stratégiquement pour couvrir le plus grand territoire possible, ainsi qu’une capacité de réserve destinée aux interventions rapides.

La Sierra Leone est dotée de suffisamment de laboratoires pour satisfaire les besoins actuels. En juin, le nombre de laboratoires en service coordonnés par l’OMS a diminué, passant de 11 à 9 en Sierra Leone.

Bien que le pays ait disposé des moyens nécessaires pour enterrer les victimes en toute sécurité, 6 des 20 décès dus à l’Ebola survenus entre le 1er et le 28 juin avaient été contaminées lors d’une inhumation. La question des risques liés aux pratiques d’inhumation continue de poser problème.

Bilan des activités opérationnelles menées par le système des Nations Unies par l’intermédiaire de la Mission et de ses partenaires

Les interventions des organismes des Nations Unies ont visé en priorité à parvenir à un taux de transmission zéro, notamment par le renforcement de la surveillance, la recherche des sujets-contacts et la mobilisation de la population. En Sierra Leone, des mesures sont également prises pour aider les pouvoirs publics à rétablir les services de base et à préparer la transition vers les activités de relèvement rapide.

Les équipes de Médecins sans frontières (MSF) chargées de la communication et de la mobilisation sociale ont continué de mener leurs activités en Sierra Leone, en s’attardant plus particulièrement sur les districts de Kambia et de Port Loko. Son équipe épidémiologique fait actuellement des recherches sur la résurgence du virus à Freetown.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-rouge est restée le principal partenaire des sociétés nationales de la Croix-Rouge pour ce qui est de faire en sorte que toutes les victimes soient enterrées dignement et avec toutes les précautions voulues.

L’OMS a continué de coordonner l’assistance technique internationale et de la déployer dans les pays du Réseau mondial d’alerte et d’intervention en cas d’épidémie aux fins d’actions menées au niveau national, affectant 23 experts à des fonctions d’intervention essentielles.

Pour appuyer l’opération Northern Push en Sierra Leone, l’OMS a déployé dans les districts de Kambia et Port Loko plus de 100 agents, dont des épidémiologistes et des spécialistes du contrôle préventif des infections, de la prise en charge clinique et des systèmes d’information géographique. Fin juin, des experts en participation de la population et en communication des risques, de l’OMS et de l’UNICEF, se sont rendus dans le pays pour aider le Ministère de la santé et de l’assainissement, le personnel de l’OMS et de l’UNICEF ainsi que d’autres partenaires menant les essais de vaccination et les programmes d’immunisation contre l’Ebola.

Afin d'appuyer l’opération Northern Push en Sierra Leone, le Programme alimentaire mondial (PAM) a livré des rations alimentaires aux familles en quarantaine et fourni des véhicules à ses partenaires et aux centres de district pour la lutte contre l’Ebola, pour transporter des produits de base divers. Le groupe logistique du PAM a appuyé diverses campagnes en aidant à transporter des tentes destinées aux agents de l’UNICEF en Sierra Leone. Le groupe des télécommunications d’urgence a continué de fournir des services Internet aux installations humanitaires, assurant un accès fiable à Internet aux intervenants humanitaires. Il prévoit de supprimer les services Internet dans les lieux déclarés exempts d’Ebola et de les maintenir là où la transmission du virus se poursuit. Il travaille également à un plan de transition destiné à éviter les interruptions de service.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et ses partenaires d’exécution ont continué de former des professionnels de la santé et des intervenants de première ligne à la prévention, au contrôle et à la prise en charge médicale des infections. En raison de la baisse de la transmission de l’Ebola, le nombre de personnes formées a diminué.  Afind d'assurer une migration sûre et une meilleure gestion de la santé, l’OIM mène actuellement des activités de gestion humanitaire et sanitaire à la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone. Il fournit aux postes de contrôle aux frontières des tentes, des trousses d’hygiène et du matériel divers aux fins de leur bon fonctionnement.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a continué d’appuyer les activités de recherche de sujets-contacts et dans le cadre de son appui à l’opération Northern Push, il a fourni 12 motocyclettes au Ministère de la santé et de l’assainissement, et deux véhicules sont utilisés dans les districts pour appuyer les activités de recherche de sujets-contacts.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Sierra Leone fournit une indemnité mensuelle de risque à quelque 3 000 agents réaffectés à la lutte contre l’Ebola. Plus de 70 % des paiements ont été effectués par l’intermédiaire des banques et le reste par des opérateurs de réseaux mobiles. Afin d'appuyer l’opération Northern Push, le PNUD a déployé un réseau de 10 organisations de la société civile qui surveillent les interventions dans les districts de Kambia et Port Loko.

En juin, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a continué de suivre de près les besoins humanitaires en Sierra Leone, fournissant un appui opérationnel et technique à la préparation et à la planification des interventions en cas d’urgence et aidant les organisations non gouvernementales (ONG )à préparer la Conférence internationale sur le relèvement après l’Ebola, qui s'est tenue le 10 juillet.  Le Bureau a établi en Sierra Leone un mécanisme de coordination intersectoriel, facilité la compilation des évaluations des besoins et œuvré avec les donateurs pour mobiliser un appui au projet d’évaluation des capacités.

La MINUAUCE a continué de réduire progressivement ses activités de programme en vue de la transition et du transfert de l’ensemble des fonctions opérationnelles à l’équipe de pays des Nations Unies. Elle a fourni des incitations financières pour les chercheurs de sujets-contacts, les mobilisateurs sociaux et les équipes de surveillance transfrontières et interdistricts, notamment en rapport avec l’opération Northern Push. Elle a également fourni des rations pour le personnel de la police sierra-léonaise participant aux opérations de lutte contre l’Ebola, loué des bateaux destinés à être utilisés dans les zones fluviales non accessibles par route et distribué du matériel nécessaire à l’opération.

À l’aide de ressources du Fonds d’affectation spéciale pluripartenaires pour l’action contre l’Ebola, la MINUAUCE a payé les salaires de 32 membres du personnel de base du Centre national de lutte contre l’Ebola en Sierra Leone. Le Centre a déménagé ses bureaux suite à la clôture de la Mission. Le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets a été sélectionné comme prestataire de services financiers et sera chargé de verser les salaires des 32 fonctionnaires du Centre d’opérations et du personnel de la MINUAUCE intégré au Centre.

Prise en charge des patients autres que ceux touchés par l’Ebola

En Sierra Leone, l’OMS appuie la création d’un nouveau service pour la prévention et le contrôle de l’infection au sein du Ministère de la santé et de l’assainissement, et apporte un appui technique aux fins de l’application des normes en matière de prévention et de contrôle de l’infection dans les établissements de santé en collaboration avec les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis et l’Ebola Response Consortium. Elle coordonne les contributions techniques en vue de la formulation des premières directives nationales relatives à la prévention et au contrôle de l’infection et la mise au point d’un module de formation sur la question.

L’UNICEF a appuyé 13 équipes de district en charge de la gestion sanitaire en organisant des formations sur le tas et des stages d’encadrement à l’intention de 165 responsables de la santé dans les chefferies, qui encadreront et appuieront à leur tour le personnel de santé en poste dans les centres de santé de leurs chefferies respectives. Le Fonds a également aidé le Service national d’achats de produits pharmaceutiques à redistribuer des médicaments essentiels gratuits aux enfants de moins de 5 ans et aux femmes enceintes et allaitantes dans 1 184 services de santé périphériques dans tous les districts.

Le FNUAP aide le Ministère de la santé et de l’assainissement à atténuer les répercussions de la flambée de l’Ebola sur les services de santé sexuelle et procréative et les soins de santé maternelle, notamment en mettant en place un système efficace d’aiguillage, en déployant des efforts de prévention de la violence sexuelle et sexiste et en intervenant le cas échéant. En outre, il apporte son soutien au Ministère de la Santé et de l’assainissement dans toute une série de domaines, y compris en ce qui concerne la définition des protocoles, l’assurance de la qualité, les systèmes d’aiguillage et les services d’information prévus pour les femmes et les adolescentes. Il aide aussi le Ministère à mettre à niveau ses unités de soins de santé primaires pour qu’elles puissent fournir des services de santé adaptés aux jeunes et former le personnel de santé sur les questions de santé sexuelle et procréative des adolescents.

Protection

Le dispositif de protection des enfants a été consolidé avec le déploiement de quatre nouveaux spécialistes de la protection des enfants pour améliorer le suivi de ceux qui vivent dans des ménages mis en quarantaine et apporter un appui technique aux autorités et partenaires dans les efforts qu’ils déploient pour répondre aux besoins en protection et aide psychosociale.

Éducation

En collaboration avec l’UNICEF et ses partenaires, le Ministère de l’éducation sierra-léonais des sciences et des technologies s’assure du bon respect des protocoles de sécurité dans les écoles, avec une attention particulière pour les écoles situées dans les foyers d’infection. Les données récentes concernant Kambia et Port Loko montrent que 88 % des écoles suivent les trois protocoles, à savoir le lavage des mains, le contrôle de la température et le nettoyage, et qu’environ 95 % appliquent le lavage des mains et le contrôle de la température.

Prochaines étapes

Au cours de la période considérée, des progrès importants ont été enregistrés dans la lutte contre l’Ebola : huit cas ont été signalés au cours de chacune des deux semaines jusqu’au 28 juin, ce qui représente la plus faible incidence depuis la mi-mai 2015. Malgré tout, nous n’avons toujours pas réussi à atteindre un taux de transmission nul et la prévalence de chaînes de transmission inconnues en Sierra Leone reste préoccupante. La direction, les compétences et la coordination techniques de l’OMS sont essentielles pour éradiquer complètement la maladie. Les populations sont et resteront les principaux moteurs des mesures de lutte tandis que les efforts d’identification et d’éradication des déclencheurs de la transmission dans les localités touchées se poursuivent. Afin de renforcer l’action sur le terrain et de s’attaquer aux derniers foyers d’infection, l’opération Northern Push en Sierra Leone a été lancée.

Le processus de retrait de la Mission est terminé et ses fonctions opérationnelles ont été transférées aux partenaires nationaux et aux organismes, fonds et programmes des Nations Unies depuis le 30 juin.

Source: Dernier rapport d'activités de l'action mondiale mondiale contre l'Ebola (A/69/992) | TOUS les rapports d'activités